05/04/2013
Le renouveau de la Terre
Malgré un hiver persistant, c'est le printemps officiellement depuis quinze jours. Et tout le monde s'est mis à rêver de chaleur, de fleurs, de couleurs, de senteurs, de verdeur. Déjà les jours plus longs laissent présager ces merveilleuses soirées qui s'éternisent au son des stridulations des grillons ou des cigales. Déjà la lumière plus vive nous transperce de ses ondes bienfaisantes.
Le printemps est la période de l'épanouissement. De la végétation certes, mais aussi des êtres que nous sommes, qui vivons alors une véritable renaissance. Le soleil qui s'élève dans le ciel rayonne sur nous et nous voici tout à coup plus enjoués, plus enthousiastes, plus confiants. Et même si une hirondelle ne fait pas le printemps, nous ne voyons qu'elle, cet oiseau de bon augure, ce messager d'une bonne nouvelle : la nuit et le froid sont vaincus.
Au printemps de notre vie, toutes les saisons étaient "bonnes à prendre". Maintenant que les boutons sont loin, nous préférons le temps des bourgeons, espoir d'un nouvel été. Combien d'hommes de la terre aiment ainsi regarder pousser l'herbe des prairies, les cultures dans les champs... Le cycle des saisons reste un sujet d'émerveillement et presque de recueillement. La splendeur, le mystère de la nature et de la vie incitent à la contemplation et au silence.
Le spectacle de la création, toujours le même et toujours différent, a ceci de divin qu'il nous élève vers l'absolu. De toutes nos inventions, laquelle dépasse en perfection l'univers qui nous entoure et nous-mêmes ? Et si nous ne sommes rien, poussières dans l'espace céleste, nous sommes uniques, précieux et sacrés : les seuls conscients de l'existence d'un monde où la vie est apparue et s'est développée quasi miraculeusement.
Au printemps de la vie, tout était-il déjà là en puissance, voire en projet ? Si le doute persiste quant à un sens de l'évolution, on ne peut que constater le foisonnement des formes de vie et leur complexité croissante jusqu'à nous : les seuls responsables du devenir d'une planète qui devrait demeurer le plus inviolable des sanctuaires. Avec ses cinq milliards de printemps, la Terre n'en finit pas de nous faire vivre, de nous éblouir et enfin de nous accueillir pour y reposer. Nous venons de la terre et nous y retournons. Nous le rappeler ferait vraiment de ce printemps une période de renouveau.
10:02 Publié dans Environnement/Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hiver, printemps, chaleur, lumière, épanouissement, renaissance, soleil, bonne nouvelle, nuit, froid, bourgeons, cycle des saisons, émerveillement, recueillement, splendeur, mystère de la nature et de la vie, contemplation, silence, spectacle de la création, divin, absolu, inventions, perfection, univers, poussières dans l'espace céleste, uniques, précieux, sacrés, en puissance, en projet, sens de l'évolution, foisonnement des formes de vie, complexité croissante, responsables du devenir de la planète, sanctuaire, terre, renouveau |
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02/04/2013
La participation : un vieux projet
Périodiquement sont évoqués des projets d'amélioration de la participation des citoyens et des salariés. Mais il est surprenant de constater que cette question est une vieille histoire. Alain Soral dans son livre Socrate à St-Tropez aux éditions Blanche, cite une conférence de presse de Charles de Gaulle, tenue au palais de l'Elysée le 9 septembre 1968. Soit huit mois seulement avant sa démission.
«Nous avons à réformer, car il est clair que, dans les engrenages de la société mécanique moderne, l'homme éprouve le besoin de se manifester comme tel, autrement dit de participer, non point seulement par son suffrage à la marche de la République, mais, par l'intéressement et la consultation, à celle de l'activité particulière où il s'emploie (...)» déclare De Gaulle, avant d'expliciter à Michel Droit ce changement de la société.
D'abord, il réfute la solution communiste, mais poursuit par une critique du capitalisme, car avance-t-il, celui-ci «dit : grâce au profit qui suscite l'initiative, fabriquons de plus en plus de richesses qui, en se répartissant par le libre marché, élèvent en somme le niveau du corps social tout entier. Seulement, voilà, la propriété, la direction, le bénéfice des entreprises dans le système capitaliste n'appartiennent qu'au capital».
«Alors, ceux qui ne le possèdent pas se trouvent dans une sorte d'état d'aliénation, à l'intérieur même de l'activité à laquelle ils contribuent. Non, le capitalisme du point de vue de l'homme n'offre pas de solution satisfaisante. Il y a une troisième solution : c'est la participation, qui, elle, change la condition de l'homme (...). Dès lors que des gens se mettent ensemble pour une œuvre économique commune,...
«... (...) il s'agit que tous forment ensemble une société, (...) où tous aient intérêt à son rendement et à son bon fonctionnement (...). Cela implique que soit attribuée (...) à chacun une part de ce que l'affaire gagne et de ce qu'elle investit (...) grâce à ses gains. Cela implique aussi que tous soient informés (...) de la marche de l'entreprise et puissent (...) faire valoir leurs intérêts, leurs points de vue et leurs propositions.»
Cette «voie dans laquelle il faut marcher» fut sans issue pour De Gaulle. Son projet de loi soumis au référendum de 1969, portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat, donna d'après Alain Soral, un prétexte à la droite libérale pour "sonner la retraite". Mais la véritable raison serait à rechercher du côté d'une seconde étape : cette participation des salariés au destin et au profit des entreprises. Toujours à l'état de projet.
16:54 Publié dans Economie/travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : participation des citoyens et des salariés, alain soral, socrate à saint-tropez, éditions blanche, conférence de presse, charles de gaulle, palais de l'élysée, 9 septembre 1968, intéressement, consultation, michel droit, changement de société, solution communiste, capitalisme, profit, initiative, richesses, répartition, libre marché, corps social, propriété, direction, bénéfice, entreprises, capital, aliénation de l'homme, condition de l'homme, oeuvre économique commune, société, intérêt, rendement, bon fonctionnement, part, affaire, gagner, investir, gains, information, intérêts, points de vue, propositions, projet de loi, référendum de 1969, régionalisation, réforme du sénat, droite libérale, participation des salariés au destin et au profit des entreprise, à l'état de projet |
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15/03/2013
Science sans conscience
Le constat fait il y a trois jours, du mépris longtemps de tout principe de précaution dans le domaine des produits chimiques en Europe, est valable également pour les États-Unis. En tout cas si l'on en croit Noam Chomsky, linguiste et philosophe radical de réputation internationale, professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology, et Edward S. Herman, économiste et professeur émérite à la Wharton School de l'Université de Pennsylvanie.
Coauteurs de La Fabrique de l'opinion publique aux éditions Le Serpent à Plumes, ils examinaient dès 1988 la «propagande» de l'industrie chimique, qui lui permet «de fabriquer et de vendre des produits (...) sans aucune preuve préliminaire d'innocuité, alors que l'efficacité du travail de surveillance (...) est compromise par le manque de crédits et les limites politiques imposées aux systèmes de répression et aux tests de contrôle».
Restriction des moyens et des champs d'action à laquelle s'ajoute une perversion bien connue des organismes de contrôle : leur dépendance ; ici, chargée des tests, l'industrie est juge et partie. Conséquence : «Chaque année, le Programme toxicologique du Gouvernement fédéral teste le potentiel carcinogène de dix ou douze produits chimiques sans s'intéresser aux autres dangers potentiels qu'ils pourraient présenter».
Mais chaque année, «entre 500 et 1000 produits nouveaux entrent dans les circuits commerciaux». Pas étonnant donc qu'il n'existe «aucune information précise sur la dangerosité potentielle de 78 % des produits chimiques disponibles». Quant aux 22 % restants, les évaluations ignorent leurs effets à long terme sur l'organisme ou leur impact sur l'environnement, par interaction, accumulation, décomposition...
Les risques seraient "acceptables" et la science "honnête", aux dires des industriels. Mais n'est-ce pas eux qui ont «fabriqué d'innombrables composés (...) étiquetés "sans danger" - du tétraéthyle de plomb dans les carburants aux PCB* dans les piles électriques en passant par l'amiante, le DDT**, la dioxine - tous connus aujourd'hui pour leur dangerosité», et qui ne les ont retirés du marché que contraints et forcés ?!
Pour «vendre sans aucune entrave», les auteurs citaient aussi le recours à des scientifiques aux avis divergeant de ceux de chercheurs indépendants, la falsification de résultats, l'abaissement de normes réglementaires ou le paravent des "Précautions d'emploi". Selon Jean Bernard, «La science trouve toujours les moyens pour réparer ses erreurs». Belle certitude ! Qui "fait une belle jambe" à toutes les victimes entre-temps.
* PCB : polychlorobiphényle ** DDT : dichloro-diphényl-trichloréthane ; insecticide
11:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : principe de précaution, produits chimiques, noam chomsky, massachusetts institute of technology, edward s. herman, wharton school, la fabrique de l'opinion publique, éditions le serpent à plumes, propagande de l'industrie chimique, preuve préliminaire d'innocuité, surveillance, manque de crédits, limites politiques, restriction des moyens et des champs d'action, organismes de contrôle, dépendance, tests, industrie juge et partie, programme toxicologique, potentiel carcinogène, autres dangers potentiels, produits nouveaux, circuits commerciaux, information, évaluations, effets à long terme sur l'organisme, impact sur l'environnement, interaction, accumulation, décomposition, risques "acceptables", science "honnête", industriels, tétraéthyle de plomb, amiante, ddt, dioxine, pcb, retirés du marché, contraints et forcés, "vendre sans aucune entrave", scientifiques, chercheurs indépendants, falsification de résultats, normes réglementaires, précautions d'emploi, jean bernard, "la science trouve toujours les moyens pour réparer ses erreurs", victimes |
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